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Réapprendre à s’aimer quand l’amour n’a pas été appris

Trouver la tendresse qu’on ne nous a pas donnée

Il y a des enfances où l’amour n’a pas existé comme il aurait dû.

Pas de bras pour rassurer.

Pas de regard pour comprendre.

Seulement ce vide invisible, cet écho froid dans la poitrine qu’on porte sans savoir le nommer.

Alors on grandit.

Et on apprend à composer avec cette absence.

On apprend à vivre sans boussole affective, à être fort trop tôt, à s’occuper des autres comme pour survivre à soi-même.

Mais quelque part, une part de nous reste figée :celle de l’enfant qui n’a jamais entendu “je t’aime” sans condition.

Cet enfant-là, on le cache souvent.

On devient adulte, on travaille, on rit, on aime même parfois, mais à l’intérieur, il y a toujours ce murmure silencieux

“Et moi, qui m’aimera vraiment ?”


L’amour qu’on n’a pas reçu laisse des cicatrices invisibles


Ne pas avoir reçu d’amour parental, ce n’est pas seulement un manque d’attention.

C’est un vide qui s’installe dans la construction même de l’identité.

Un enfant apprend à s’aimer à travers le regard de ses parents.

S’il ne voit pas ce reflet, il grandit sans se reconnaître.

Alors, adulte, il cherche ce miroir partout ailleurs.

Dans le regard des amis, des amants, des collègues.

Il devient souvent celui qui donne sans mesure, qui s’oublie pour exister.

Et quand l’amour n’est pas rendu, la blessure d’origine se rouvre.

On croit qu’on n’est “pas assez”.

Pas assez bien, pas assez intéressant, pas assez digne.

On porte cette idée que l’amour se mérite, qu’il faut “devenir quelqu’un de mieux” pour le recevoir.

Mais l’amour vrai, celui qui guérit, ne se gagne pas.

Il se reconnaît.

Et ce chemin-là celui qui mène de la quête à la reconnaissance est celui de toute une vie.


Le manque d’amour crée des réflexes de survie émotionnelle


Quand on n’a pas été aimé, on se construit des stratégies pour ne plus souffrir.

Certaines personnes deviennent parfaites : toujours sages, toujours fortes, toujours souriantes.

D’autres deviennent détachées, incapables de s’ouvrir vraiment.

Et d’autres encore, comme moi, oscillent entre les deux.

On aime trop, on donne tout, et quand on se sent rejeté, on se referme brusquement, comme pour se protéger du vide.

Ces réflexes ne sont pas des défauts.

Ce sont des mécanismes de survie.

Ils témoignent d’une intelligence émotionnelle précoce :on a appris à deviner, à ressentir, à s’adapter pour ne pas perdre ce peu d’amour qu’on recevait.

Mais un jour, il faut désapprendre.

Il faut réapprendre à vivre sans se justifier d’exister.


Aimer les autres mieux que soi : le paradoxe des âmes blessées


Moi, j’ai longtemps su aimer les autres bien mieux que moi-même.

J’ai eu cette facilité à comprendre, à pardonner, à voir la beauté dans les autres même quand eux ne voyaient que leurs failles.

Mais envers moi, j’étais dur.

J’avais du mal à accepter mes erreurs, mes fragilités, mes limites.

C’est comme si je portais en moi une exigence héritée :celle d’être irréprochable pour mériter la paix.

Aujourd’hui, je sais que ce n’est plus juste.

Je ne m’aime pas encore autant que je le devrais, mais j’apprends à m’aimer autrement.

Pas comme une perfection à atteindre, mais comme une présence à accueillir.

Je me parle avec plus de douceur.

Je me donne le droit d’être imparfait, humain, sensible.

Et parfois, j’apprends simplement à ne plus me fuir.


Devenir le parent que l’on n’a pas eu

C’est sans doute l’étape la plus belle, mais la plus difficile :devenir soi-même le parent intérieur qu’on aurait voulu connaître.

C’est apprendre à se parler avec tendresse, à se féliciter, à s’encourager, à se consoler.

C’est se dire :


“Tu n’as plus besoin d’attendre que quelqu’un te donne ce que tu peux t’offrir toi-même.”


Ce n’est pas une fermeture au monde, c’est une guérison de l’intérieur.

C’est reconnaître qu’on ne peut pas changer le passé, mais qu’on peut changer la manière dont il vit encore en nous.

Devenir son propre repère, c’est reconstruire ce que le manque a effacé.

C’est réapprendre à s’aimer, non pas malgré l’enfance, mais grâce à ce qu’elle a révélé :une capacité immense à aimer sans modèle.


La spiritualité du manque : le vide comme initiation

Sur le plan spirituel, le manque d’amour est une épreuve sacrée.

C’est une traversée initiatique : celle qui nous oblige à chercher la lumière en soi, et non plus autour de soi.

Le vide n’est pas une punition c’est un espace de création.

Là où il n’y a rien, tout peut naître.

Ce vide d’amour devient le terreau de quelque chose de plus grand :la compassion, la sensibilité, la profondeur.

Les âmes qui ont manqué d’amour développent souvent une intuition rare.

Elles ressentent tout, comprennent tout, parce qu’elles ont dû apprendre à lire les non-dits très tôt.

Elles portent en elles une lumière qui vient de l’obscurité même.

Ce n’est pas un hasard.

C’est leur mission : transmuter le manque en présence.


L’apprentissage de l’amour adulte

Aimer en tant qu’adulte, quand on a manqué d’amour, ce n’est pas simple.

Parce qu’aimer, c’est s’exposer à ce qui a fait mal autrefois.

Mais c’est aussi la plus belle manière de guérir.

L’amour adulte n’est plus une dépendance.

C’est un partage.

Ce n’est plus “j’ai besoin de toi pour exister”, mais “je me choisis chaque jour, et je t’aime depuis cet espace-là.”

Quand on apprend à s’aimer, on ne cherche plus la réparation dans l’autre, on cherche la rencontre.

On attire des relations plus vraies, plus alignées,

parce qu’on ne demande plus à l’autre de combler nos blessures.

On l’invite simplement à marcher à nos côtés.

Et moi, aujourd’hui

Aujourd’hui, j’ai 28 ans.

Et même si je n’ai pas reçu tout l’amour qu’un enfant mérite, je ne ressens plus de colère.

Je ne cherche plus à comprendre pourquoi, ni à me venger de ce vide.

Je regarde ce passé avec apaisement.

Je ne renie rien, je n’idéalise rien.

Je sais simplement que sans tout cela, je ne serais pas celui que je suis devenu.

Je marche main dans la main avec l’enfant que j’étais.

Je l’écoute. Je le rassure. Je lui promets qu’il n’aura plus jamais à quémander l’amour.

Et dans ce dialogue silencieux entre lui et moi, je sens que quelque chose se répare doucement. Pas complètement, pas parfaitement, mais suffisamment pour continuer à avancer et pour aimer, autrement, profondément, sincèrement.


S’aimer, c’est ne plus attendre la permission d’exister

S’aimer, ce n’est pas se contempler dans un miroir.

C’est oser exister sans condition.

C’est arrêter de s’excuser d’être soi, de se punir pour ce qu’on a traversé.

S’aimer, c’est s’autoriser à être.

Même avec les cicatrices.

Même avec les doutes.

Même quand le passé chuchote encore.

Parce que l’amour de soi n’efface pas les blessures il leur donne un sens.

Et peut-être que la plus belle preuve de guérison, c’est de pouvoir dire :

“Je ne sais pas encore m’aimer totalement…mais je me choisis quand même.”


Alexandre Marhoefer, Les Bijoux Magiques

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